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-Chère Carole,
Tu m'as demandé hier pourquoi ce que j'avais à dire serait long à raconter.
Tu m'as proposé d'écrire tout dans un mail car tu t'en allais,
mais le temps à tourné et j'ai un peu oublié.
Maintenant je suis là dans mon lit à y repenser
et j'ai soudain l'envie de l'écrire sur du papier.
Notre sujet de conversation était sur xxxx et ton xxxx,
la journée que j'avais passée la veille et pourquoi
un large sourire m'envahissait.
Tu m'as dis à la fin que tu étais contente pour moi,
d'y aller, foncer et ne penser qu'à moi
« mouai euh... » T' ai-je répondu.
C'est cette phrase là qu'il faut que je t'explique car elle veut dire beaucoup de chose.
Le « mouai » signifie que ma réponse n'est pas vraiment négative,
mais pourtant, elle n'a pas l'air très réjouissante...
Pourtant au fond de moi je crois que j'en ai vraiment envie, j'étais si bien la veille.
Mais pourtant, je suis si fatiguée, si tu savais, comme je suis fatiguée depuis la dernière fois...
Cette histoire s'est mal terminée et a fait pas mal de remous,
on m'a prise pour une véritable conasse,
alors que j'étais simplement au bout du rouleau.
Je n'en pouvais plus, j'en devenais vraiment dingue.
Pourtant j'ai fait tellement d'efforts.
Je me suis donnée à fond, j'avais fait preuve d'attention, de patiente,
mais ... je n'en pouvais plus. J'ai craqué.
Finalement je pense que nous n'étions pas fait pour être ensemble.
Quand cette histoire a pris fin, je me suis senti libéré mais... totalement écrasée. Inexorablement triste de la tristesse que j'avais du lui affliger. J'étais vraiment au plus bas. Même à ce moment là, je faisais encore attention à lui. Je faisais des efforts pour ne pas qu'il me remarque, pour qu'il m'oublie plus facilement. Pendant plusieurs mois, j'ai été une autre que moi, autant pendant qu'après. Pendant, pour pouvoir l'aider, le faire avancer, le faire s'intégrer a notre groupe alors qu'au début tout le monde était réticent mais acceptait mon choix par amitié.
Tu dois sûrement savoir qu'au fur et à mesure, c'était la décadence et que, en essayant de le cacher à tous, je devenais totalement folle. Je ne souriais plus, ne riais plus, enfin je parle des pulsions d'énergie qui font que je suis moi. Pour ne pas créer de fossé entre nous et être proche de lui je me suis mise à son niveau, en voulant l'aider à avancer, s'affirmer, je voulais qu'il rit aux éclats comme nous le faisions tous, je voulais qu'il soit libre d'être lui.
Lui trouvait ça difficile, d'ailleurs, je ne sais pas plus s'il était d'accord. Je pense que ça ne le dérangeait pas, mais qu'il avait de l'appréhension, un peu de craint de devoir se mélanger aux flots de gens que formait notre groupe. Alors j'étais un peu couper de tous, pourtant je l'aimais vraiment. J'aimais être avec lui, mais au lycée, je ne pouvais pas être moi. Moi aussi dans un sens j'avais peut être peur de paraître bête, de mal faire, mal agir, enfin, j'espère que tu arrive a saisir ce que j'essaie de dire.
C'est comme ça que je suis devenu « space », un peu « autiste » comme me disait Jérémy. Tu aurais du me voir au dessin... ça faisait presque peur. Toute cette énergie que j'accumulais et contenais au lycée, explosait littéralement à la maison et à l'atelier.
Des crises de rire et de larmes monstrueuses, mais vraiment effrayantes. Moi-même je me demandais ce qui m'arrivait. Et puis des crises de larme, de colère, totalement à fleur de peau, je hurlais beaucoup et tremblais souvent. Je n'arrivais pas à tenir. Je n'arrivais pas à être calme et posée, la belle image de Sam casée au lycée. Non, ce n'était pas moi, mais je voulais tellement le faire pour lui, rester avec lui, le plus proche possible, garder ce lien qui était important pour moi car c'était ce lien qui faisait que je croyais que nous nous ressemblions. Mais, au fur et à mesure, mes crises d'hystérie ont pris le pas sur mes sentiments.
Et quand Jérémy m'a dit que j'étais en train de redevenir celle que j'étais au collège, j'ai commencé à me poser des questions...
« Qu'est qui est le mieux pour moi ? Pour lui ? Qu'est-ce que je devrais faire ?? »
Mais mes crises prenant le pas, mes sentiments ont commencé à se dissiper, et puis finalement, j'y ai mis un terme, un jour à Paris. Je l'avais emmené au cinéma, car moi, je voulais absolument savoir si ce que je pensais était réfléchi et non pas purement inventé. Je voulais voir si je ne ressentais vraiment plus rien pour lui, si j'étais vraiment vidé, épuisée, s'il n'y avait pas moyen d'arranger...
Je voulais voir si je n'avais vraiment plus rien à donné à
cette personne pour qui j'avais autant pris sur moi et fait autant d'effort.
C'est surtout moi qui pleurais et tremblais comme une feuille quand je le lui ai dis. Je ne voulais surtout pas faire ce que Richard m'avait fait. Je ne voulais pas qu'il endure ça alors je lui tout expliqué de A à Z. Je ne sais pas s'il avait compris, s'il s'était rendu compte, s'il m'avait cru ! Je ne pense pas, aux vus de ce qui s'est passé par la suite...
Avoir été avec lui m'a brisée petit à petit. Au fond de moi, je sais qu'il me manque quelque chose que j'avais avant. Cette envie de donner encore et encore, qui ne me posait aucun problème. Cette envie de soulever des montagnes pour une personne qu'on aime, cette envie d'aider, de donner sans recevoir.
Bien sur, je ne lui fais aucun reproche, je ne lui avais rien demandé, j'ai fais ça de moi-même, il n'y est pour rien dans tout ce qui m'est arrivé. C'est moi qui en avais décidé ainsi, car pour moi, l'une des plus belles preuves d'amour que je pouvais lui donner était de donner sans recevoir, de lui transmettre quelque chose de moi.
Je sais que lorsque cette histoire s'est terminée, j'y ai laissé des plumes. Ce sont ces plumes qui me manquent et font que je suis encore fatiguée aujourd'hui. Pourtant, voilà maintenant longtemps que c'est fini, alors imagine toi à quel point j'étais exténué à la fin... Je n'avais plus goût à rien, je me fichais de tout, je n'en pouvais tout simplement plus.
Par la suite, j'ai tellement perdu de choses importante a mes yeux. Le lien que j'avais avec la plupart de mes amis, s'est effrité, voir même presque dissipé maintenant. Ca contribuait beaucoup à ma « détresse » que peu de gens ont vu en fait... Pourtant je ne peux pas reprocher leur comportement à mes amis car je le trouve normal, bien qu'il fasse mal.
La seule chose à la rigueur sur lequel je pourrai m'élever contre eux,
serait qu'ils n'ont pas su voir, qu'ils n'ont pas cherché à voir, ou qu'ils n'ont pas compris
...
m'avoir laisser toute seule.
Et cette histoire s'est étendue sur des mois.
De long mois passés à me cacher et à être dégoûté de tout.
A me sentir exclu et jugé de beaucoup.
« Ha oui elle l'a lâché comme une merde » ...
Autrefois, lorsque j'écoutais les petites histoires romantique de mes copines, on était toujours prise de pitié pour celle ou celui, qui s'était fait largué. En revanche, celui qui avait jeté était pris pour un véritable salaud aux yeux des autres. Aujourd'hui je me dis que ce n'est pas parce qu'on est celui ou celle qui plaque, qu'on est salaud pour autant... Finalement il existe des gens honnête sur terre, mais ça les autres ne veulent pas le comprendre. On estime que, parce qu'on a fait mal, on est méchant, alors que personnellement dans mon cas, s'était pour me sauver que j'ai coupé les ponts. Et puis à quoi bon rester dans une relation si elle ne convient pas aux deux ? Même si on m'a mal jugé, j'estime que j'ai fais ce qu'il y avait de mieux à faire.
Alors j'ai fermé les yeux sur leur regard et leur jugement, et j'ai fais comme si je ne voyais rien... De toute manière s'étais la fin de l'année... Je me suis subitement senti l'envie d'avoir ce fichu Bac de merde, et m'en aller loin d'ici, n'importe où mais ailleurs.
Alors tu vois ma Carole, aujourd'hui je suis encore fatigué de tout ça. Je n'ai plus la force de faire autant d'effort
Je voudrais bien retomber amoureuse, (peut être suis-je déjà en train de tomber dans le panneau ?!) mais, malgré ça, est-ce que je peux me permettre d'être aimer de quelqu'un en sachant que je ne pourrais pas être une superwomen idéale ?
Non, je ne veux pas, je n'en peux plus de faire des efforts, je suis vidé, comme une coquille vide... Je me suis remise à rire comme avant, mais à moi aussi il a fallut que je refasse un long travail sur moi-même. J'aimerais tellement qu'il comprenne, qu'il ait lu ces lignes et qu'il se rende compte, un peu... de tout.
J'aimerais aussi que xxxx comprenne, et qu'il me console, que les gens comprennent ! J'aimerai que l'on ait vu tout les efforts que j'avais accompli jusqu'à la fin, et qu'on en fasse un peu pour moi aussi... en retour.
Alors aujourd'hui j'aimerai pouvoir me sentir légère, et qu'on me redonne cette force de faire touts les efforts du monde que j'ai produit par amour, sans rien attendre de l'autre. J'aimerai pouvoir passer du temps avec xxxx, dont je te parlais car je l'aime beaucoup, mais, et si cela prenait plus de proportions (et parfois je me demande si c'est pas déjà le cas) est-ce que j'ai le droit de lui imposer ma fatigue ? Est-ce que j'ai le droit d'être avec lui sans devoir faire autant d'efforts de perfections ?
Est-ce que je peux prendre mon temps ?
Est-ce que quelqu'un peut me dire que je peux aller à mon rythme, à ma façon ?
Est-ce qu'on peut me considérer comme un être humain, et non plus comme un monstre d'égoïsme ?
Est-ce que tout cela cessera-t-il de me torturer l'esprit.
J'aimerai pouvoir m'endormir avec quelqu'un qui sache tout ça, pour me comprendre et me consoler. Me dire que tout va bien, que je ne suis pas ce monstre que les autres pensent que je suis. Etre libre enfin, et pouvoir aimer encore, en donnant le meilleur de moi-même à 100%.
Mais je suis encore si fatiguée, ça va me prendre du temps, à tout reconstruire...
Alors j'espère que tu comprends ma réponse à ce « oui mais non ».
En fait, je ne voudrais tout simplement, pas le décevoir.
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- Petites pensées & Grandes confidences
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